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Magique Ortie

  • Aude Rota
  • 28 mars 2017
  • 14 min de lecture

"Mais devant ce qu'on a en abondance,

on devient indifférent ;

de là vient aussi ce que l'on tient

des centaines de plantes pour de mauvaises herbes,

et qu'on foule aux pieds,

au lieu de les considérer,

avec admiration comme utiles"

( Citation de l'abbé Sébastien Kniepp )

Un peu d'histoire

La vénération des peuples indo-européens pour l'Ortie remonte à des milliers d'années avant l'ère chrétienne. D'ailleurs le mot qui désigne ortie en latin, Urtica, est presque le même qu'en sanskrit, Urscika, ces deux mots ont la même racine linguistique.

Les anciens Grecs appelèrent l’Ortie, "Akalypte". Ils l’utilisaient pour activer la menstruation et lui prétaient des propriétés carminatives et diurétiques*.

Les Germains consacraient la plante à Donar, leur dieu du tonnerre, qui représentait la fertilité, la virilité et les brasseurs de bière. C’est à cette époque que remonte la coutume de poser des tiges d’orties sur la cuve de brassage, lorsque l’orage menace, pour empêcher la bière de s’aigrir. Les Celtes, quant à eux, utilisaient l’Ortie pour protéger leurs maisons contre les envieux, les jaloux et les mauvaises pensées. Au XIIéme siècle on utilisait les fibres de la tige de l’ortie pour fabriquer des voiles, des filets de pêche puis plus tard des tissus.

En Scandinavie, l'Ortie était consacrée à Thor, utilisée pour sa fibre textile et on a retrouvé en Norvège des graines d'ortie dans des tombes viking. Nous en supposons que la plante devait avoir une grande importance.

Hippocrate (±460-370 avant J-), médecin grec philosophe, considéré comme le père de la médecine européenne, inspira bien des médecins qui au fils des siècles poursuivirent ses recherches dont nous jouissons encore aujourd'hui. Dioscoride (± 20-90 après J-C), médecin, pharmacologue et botaniste grec du 1er siècle prescrivait l'utilisation de feuilles d'ortie fraîches écrasées en cataplasme pour l'aménorrhée*, les plaies gangréneuses, les ulcères* et suppurations ; le suc pour les épitaxis*; les graines pour leurs vertus aphrodiasiaques* et expectorantes*, les feuilles pour leurs propriétés diurétiques*, laxatives* et emménagogues*. Il est l'auteur de "Materia medica", premiers écrits suivant le modèle d'Hippocrate. Nous n'avons pas beaucoup de documents concernant Dioscoride, il faudra attendre les écrits de Galien à son sujet au IIème siècle.

Le naturaliste germain Pline l'Ancien (23-79) vantait les propriétés hémostatiques* de l’Ortie et précise dans "Histoire Naturelle" (livre XXI, 92) que l'Ortie était "d'observation religieuse pour beaucoup" et censée prévenir des maladies pour l'année. Cet ouvrage a longtemps été la référence en science et en technique. Il rapporte notamment que les Egyptiens utilisaient la graine d'Ortie pour en extraire une huile alimentaire.

Au Moyen-Âge, l'Ortie était utilisée contre les angines, les hémoptysies*, les maladies de la rate, les maux de tête ; les racines, contre les tumeurs ganglionnaires et les saignements de nez ; les graines, pour les maladies des reins et de la poitrine ; et le suc frais pour les douleurs articulaires et les plaies enflammées.

Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) recommandait les feuilles d'orties printanières dans les gastrites* et engorgements de mucosités (1 à 2 cuillères à café de feuilles dans les mets) et le suc de la plante dans les cas de phlébites (le jus était versé goutte à goutte sur une corde ou une étoffe de chanvre, on en enveloppait l'endroit enflammé).

En Europe, la médecine populaire recommande l’utilisation des feuilles d’Ortie en cas de troubles néphrétiques et hépathiques, pour purifier le sang, pour stimuler le métabolisme, pour soigner les cardiopathies, les troubles rhumatismaux, le diabète mellitus, les hémorragies*, les maladies intestinales, les congestions et les oedèmes.

Elle a ainsi traversé les siècles ne cessant d'être l'objet de nombreuses études de la part de médecins, naturalistes, érudits (tels les abbés) toujours en quête de preuves scientifiques pour valider les propriétés médicinales de cette plante. L'action hémostatique* du suc d' Ortie a été mise en évidence par plusieurs médecins : Amatus Lusitanus (1511-1568), médecin juif justifie son

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usage dans l'hémoptysie* ("Curationum medicinaluim centuriae septem", 1557) ; par Sartorius ("De admiranda narium haemorrh", 1682) dans l'épitaxis*, par Pierre Alexandre du Peyroux (1729-1794), disciple de Gagnebin, naturaliste Suisse (1707-1800) dans les métrorragies* et par Albin Haller (chimiste membre de l'académie des sciences 1849-1925) dans l'hématurie*.

L'Ortie fut inscrite au codex de la pharmacopée française en 1818. Les études sur les propriétés anti-hémorragiques* de l'ortie furent confirmées au XIXème siècle par les travaux de François-Joseph Cazin (1788-1864), médecin français ("traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes", 1860), considéré comme l'ancêtre de l'école de phytothérapie, dont les travaux seront par la suite co-écrit avec son fils, médecin, Henri Cazin (1836-1891).

Si elle était honorée dans l'Antiquité, et objet d'étude entre le Moyen-Age et la XVIIIème siècle, l'Ortie fut ensuite dénigrée par la médecine occidentale tournée vers le "tout chimique" à partir du XIX° siècle. C'est Maria Treben (1907-1991), herboriste autrichienne, qui sortit de l'oubli l'Ortie et bien d'autres plantes ("La santé à la pharmacie du bon Dieu", 1983), précédée par Bernard Bertrand (né en 1955) qui a su prendre le relais, écrivain paysan spécialiste de l'Ortie et auteur de nombreux ouvrages comme "saveur d'ortie", 2001; "Les secrets de l'ortie", 2002 ; "Purin d'ortie et compagnie", 2007.

Nous ne pourrions achever cet historique sans parler d'Henri Leclerc (1870-1955), médecin, père contemporain de la phytothérapie ("Précis de phytothérapie : thérapeutique par les plantes françaises, 1954) qui présente en 1925 l'Ortie au concours médical. Il avait constaté personnellement les effets bénéfiques du suc d'ortie comme vasoconstricteur* chez des patientes atteintes de métrorragies*, ainsi que sur des épitaxis* abondantes. Il en décrit ensuite les vertus dans un courrier médical de 1931 : "La thérapeuthique par les simples : les toniques astringents."

Plante méprisée par l'homme moderne, l'Ortie a su se rendre utile dans le monde paysan au fil du temps. Elle a été consommée cuite, comme légume vert en quantité importante dans toute l'Europe jusqu'au XVIème siècle et dans l'Europe du Nord et de l'Est jusqu'au milieu du XXéme siècle.

Elle a notamment rendu bien des services dans les périodes de guerre et de disette. C'est ainsi qu'elle a été, comme d'autres végétaux, associée à la pauvreté.

Si l'homme pré-néandertalien se nourrissait essentiellement de plantes, la naissance de l'agriculture en a enrayé la tradition. Depuis, l'homme ne se contente plus de jouir de la générosité de la terre, il fabrique sa propre nourriture.

PROPRIETES MEDICINALES

L'Ortie en phytothérapie

La phytothérapie est le traitement des affections médicales par l'utilisation des plantes.

Les plantes médicinales contiennent de nombreux principes actifs qui agissent directement sur l'organisme. Les formes galéniques sont varieés selon les parties de la plantes utilisées et les effets thérapeutiques désirés : Extraits Fluides*, Teinture Mère*, Nébulisat* en gélules, Tisanes*.

Propriétés

L'Ortie est une plante adaptogène, elle augmente la capacité du corps à s'adapter au stress en rééquilibrant les échangent entre les système nerveux, endocrinien et immunitaire. Elle régularise les fonctions vitales et améliore le fonctionnement général de l'organisme.

Elle stimule les défenses immunitaires par ses polysaccharides, vitamines et minéraux présents surtout dans les feuilles fraîches et les graines.

Nous allons voir les propriétés médicinales de l'ortie avec un rappel des composants responsables de son action.

Alcalinisante, l'Ortie restaure l'équilibre acido-basique.

Anti-adénone prostatique l'efficacité anti-inflammatoire de l'Ortie résulte de l'action des stérols et des lignanes contenu dans ses racines.

Anti-allergique, grâce aux lectines UDA de l'Ortie prise sous forme d'extrait ou déshydratée

Antianémique de part le fer et la chlorophylle qu'elle contient, l'ortie favorise la formation d'hémogobine contenant le fer, dont la carence provoque pâleur et fatigue chronique.

Antiasthénique, l'ortie est reconstituante, reminéralisante de part sa haute teneur en protéines, vitamines et minéraux.

Antidiarrhéique grâce aux tanins contenus dans la graine, surtout en adjuvant dans les traitements de longue durée pour les troubles chroniques, en association avec de la Myrtille, de l'écorce de Cannelle, de la Mélisse, de l'argile verte ou du charbon actif. Elle agit aussi bien contre la diarrhée que contre la constipation.

Antihelmintique de par la teneur en lectine UDA et lignane de la racine d'Ortie.

Anti-inflammatoire, antalgique et analgésique grâce aux flavonoïdes, acides caféique et chlorogénique, tanins et terpènes contenus dans les feuilles mais surtout dans les racines.

Antioxydante, hépatoprotectrice et anti-infectieus* en raison de sa teneur en vitamine A, C, E, et en sélénium qui lutte contre les radicaux libres et toutes dégénérescences cellulaires.

Antiphlogistique par les lectines UDA (Urtica dioica agglutinin) et les polysaccharides que contient la racine d'Ortie.

Anti-rhumastimale par les dérivés de l'acide caféique présents dans l'ortie et de sa richesse en silice, elle améliore l'état des cartilages (comme les disques intervertébraux), d'où son intérêt dans les douleurs dorsales, lombaires et sciatiques. Elle est préventive de l'artériosclérose.

Antiscorbutique par la richesse en vitamine C de la feuille fraîche d'Ortie.

Ant-iulcéreuse, vulnéraire*, à défaut de Sauge ou de Lavande, utilisée en pansement huileux sur les plaies infectées.

Aphrodisiaque surtout pour les graines d'Urtica membracea à dose modéré (pas plus de 10g par jour au delà elles purgent). Cependant cet effet n'a pas été prouvé scientifiquement.

Astringente grâce aux tanins contenus dans l'ortie.

Dépurative et cholagogue, l'Ortie est le meilleur dépuratif de la flore française, le seul à rivaliser avec elle est l'Orthosiphon. Elle stimule la production enzymatique du pancréas.

Diurétique, les feuilles favorisent l'élimination de l'urée, des ions chlores et de l'acide urique. Elles augmentent le débit urinaire, rendant les urines foncées en début de traitement, signe de son efficacité, elle est de ce fait antigoutteuse et entraîne une diminution modérée de la pression artérielle.

Emménagogue, l'Ortie provoque les règles en cas d'absence et les diminue en cas d'excès en stimulant la circulation sanguine de l'utérus grâce aux propriétés de ses racines.

Eupeptique : l'Ortie améliore l'absorption intestinale permettant de lutter contre la fatigue chronique grâce à ses nombreux acides aminés.

Galactogène: propriété largement constatée aussi bien par les nourrices que les vétérinaires, par la présence de tanins, de flavonoïdes et de polysaccharides présents dans les feuilles et les racine de l'Ortie.

Hémostatiquede part sa teneur en tanin, c'est une de ses principales applications.

Hypolipémiante pour Urtica urens (d'après Lapraz et Duraffour¹) et hypoglycémiante* par inhibition de l'absoption intestinale du glucose et par la sécrétion d'insuline dans les dépôts des ïlots de Langerhans.

Hypotensive, avec de l'exercice physique, les feuilles séchées de l'Ortie améliorent les fonctions cérébrales.

Immunomodulatrice par la présence de la lectine UDA (Urtica dioica agglutinin) contenue dans la racine, qui stimule les lymphocytes T+ humain par libération de la TNF-alpha à partir des macrophages. La UDA est aussi antifongique, insecticide et antivirale sélective.

Parasympathomimétique, l'Ortie stimule le système nerveux parasympathique comme l'acétylcholine, neurotransmetteur de la mémoire d'après Lapraz et Duraffour.

Révulsive*, elle dilate les capillaires provoquant un afflux sanguin. L'application de feuilles fraîches sur une articulation douloureuse donne un effet comparable à des ventouses, bouillote ou cataplasme de moutarde.

Stimulante circulatoire lorsque l'Ortie est associée à d'autres plantes comme la Vigne rouge, l'Hamamélis, le Mélilot ou le Fragon.

L'Ortie est un bon adjuvant dans les traitements anti-cancéreux associée à la chimiothérapie, elle améliore l'état général grâce à son action drainante hépato-rénale et son pouvoir anti-inflammatoire.

Son extrait aqueux a montré une activité sur les cellules leucémiques chez la souris. En Allemagne, elle est utilisée dans le traitement du cancer de la prostate.

Tant de médecins, de naturalistes et d'herboristes ont constaté les effets thérapeutiques de l'Ortie au travers d'une longue expérience thérapeutique de plusieurs siècles d'utilisation. Nous en avons détailler les propriétés médicinales, nous allons maintenant préciser dans quels cas pathologiques l'Ortie est indiquée en phytothérapie.

Usage interne

Les feuilles sont indiquées dans les cas suivants :

  • hémorragies : hémoptysies, hématémèses, métrorragies, hématuries, épitaxis

  • hémophilie

  • anémie, rachitisme, fatigue générale

  • rhinite allergique

  • tuberculose

  • dermatoses, acné modérée, hyperséborrhée, urticaire, brûlures

  • ménopause

  • arthrite, arthrose

  • rhumatisme goutteux et chronique

  • néphrite

  • ulcères gastriques et intestinaux

  • lithiase biliaire, ictère

  • diarrhée, flatulences, entérite muco-membraneuse (Thèse de Maurice Oudar¹)

  • énurésie des enfants

Les racines sont indiquées dans les cas suivants :

  • inflammation des voies urinaires, prévention de la lithiase rénale

  • troubles mictionnels des adénomes prostatiques au stade I et II, et les fibromes (action antiproliférative)

  • hypertrophie bénigne de la prostate

  • rhumatisme

Usage externe

La plante entière est indiquée dans les cas suivants :

  • cancers, tumeurs

  • soin du cuir chevelu

  • muguet, aphtes, infections bucco-pharyngées

  • dermatologie

L'Ortie peut être conseillée sous différentes formes galéniques suivant la préférence du patient, des parties de la plante utilisées, de la pathologie elle-même. Nous allons voir à présent un échantillon de prescriptions par pathologie.

Mode d'emploi

L'hypertrophie bégnine de la prostate

La racine de l'Ortie sera conseillée dans les problèmes d'hypertrophie bégnine de la prostate, il pourra être prescrit 1,2 g de poudre de racine cryobroyée par jour durant 5 mois.

En synergie avec des graines de Courge ou de Palmier nain, l'Ortie réduit le volume de la prostate de 70% grâce à son pouvoir anti-inflammatoire et procure une nette diminution des urines résiduelles. Dans ce cas elle sera administrée en extrait normalisé combiné de 240 g de racines d'Ortie et de 320 mg de graines de Palmier nain.

Pour ceux qui aime les tisanes, l'Ortie pourra être conseillée en décoction de racines séchées : 1,5 g de racines dans 250 ml d'eau froide que l'on amène à ébullition, et que l'on fait bouillir 1 minute. Après une infusion de 10 minutes, prendre une tasse de 150 ml, 3 à 4 fois par jour.

Inflammation des voies urinaires, calculs rénaux, douleurs arthritiques et rhinite allergique

Les fleurs et les feuilles séchées pour ces pathologies peuvent être consommées en infusion : 2 à

5 g, pendant 10 minutes dans 150 ml d'eau bouillante. Il faudra en boire une tasse 3 fois par jour, jusqu'à 1 litre par jour.

Les feuilles et fleurs pourront aussi être prescrites sous forme d'extrait solide en capsules ou comprimés à la dose de 300 à 700 mg par jour, 3 fois par jour ; de nébulisat, 100 mg par gélule, il sera conseillé de prendre 2 gélules 3 fois par jour ; en extrait fluide : 2 à 5 ml à prendre 3 fois par jour dans un peu d'eau ; en teinture alcoolique : 2 à 6 ml dans un verre d'eau ou 15 à 30 gouttes ; ou alors en glycéré à la prescription de 20 à 60 gouttes, 3 fois par jour dans un verre d'eau.

Pour soulager les douleurs arthritiques il pourra être conseiller l'application de feuilles fraîches pendant 30 secondes sur les parties douloureuses.

Enurésie

Pour les problèmes d'énurésie, le thérapeute pourra conseiller la consommation d'un gâteaux, chaque soir durant 15 à 20 jours, de 15 g de semences pilées d'Ortie et de 60 g de farine de seigle pour la confection de six gâteaux. Pour les réaliser il faut faire une pâte avec de l'eau et du miel puis les cuire au four.

Epitaxis, règles abondantes et entérite

Le suc frais d'Ortie sur un tampon de coton placé dans le nez est efficace en cas d'épitaxis. Il pourra être prescrit à la dose de 100 ml par jour dans les problèmes d'entérites ou de règles abondantes.

Le jus d'Ortie fraîchement exprimé sera conseillé en tant qu'hémostatique* à la dose de 5 à 10 ml 3 fois par jour, et en tant que vasoconstricteur* pour une posologie de 100 à 125 mg, 3 fois par jour.

Rhumatisme, diarrhées

Pour ces pathologies, le thérapeute pourra prescrire une décoction de 50 g de racine et de feuilles séchées que l'on fera bouillir 10 minutes et infuser 20 minutes. Cette décoction sera à boire à volonté en 48 heures, entre les repas.

Muguet, aphtes, infections bucco-pharyngées2,

Pour ces affections, l'Ortie sera utilisée en gargarisme. Elle pourra être d'alcoolature, 50 g que l'on fera bouillir durant 30 minutes dans un litre d'eau, ou de plante entière, on en fera bouillir une poignée, 30 minutes dans 1/2 litre d'eau. Ces gargarismes sont à pratiquer 3 fois par jour, et l'eau doit être tiède.

Dermatologie

En dermatologie l'Ortie est surtout utilisée pour traiter l'acné et le cuir chevelu. Pour l'acné il pourra être conseillé des bains de pieds : faire bouillir 2 litres d'eau, ajouter 3 généreuses poignées de feuilles fraîches d'Ortie. Laisser infuser et faire un bain de pied pendant 2 minutes. Il sera recommandé de nettoyer le visage avec un coton imbibé d'une infusion d'une poignée de feuilles fraîches dans 20 cl d'eau bouillante, matin et soir.

La poudre d'Ortie défatigue les cheveux. Pour cela il suffira de mouiller les cheveux et de les saupoudrer d'une cuillère à soupe de poudre d'Ortie, de les masser légèrement et de laisser agir quelques minutes, puis de rincer.

Pour les cheveux gras, nous pourrons nous servir d'une de rinçage après le shampoing, composée d'une infusion de 3 cuillères à soupes d'orties séchées pour 1,5 litres d'eau bouillante que l'on laissera infuser 15 minutes.

Les racines bouillies dans du vinaigre seront utilisées comme toniques du cuir chevelu, et la friction du cuir chevelu avec une macération de 50 g de racines d'Ortie avec du Romarin à quantité égale dans 1 litre d'eau-de-vie active la pousse des cheveux

Une décoction de feuilles et de racines d'Ortie, de racine de Bardane et de Thym aide à lutter contre la chute des cheveux.

L'Ortie en homéopathie

Qu'est ce que l'homéopathie ?

Nous devons l'homéopathie à Christian Samuel Frédéric Hahnemann, médecin qui découvrit la loi des semblables en constatant qu'une dose pondérale de Quinquina lui provoquait de fortes fièvres, atténuées par une dose infinitésimale. Un malade doit donc prendre, pour guérir de ses symptômes, la substance capable de provoquer chez l'homme sain, à dose toxique sub-léthale, les mêmes symptômes que celui ou ceux qu'il présente.

L'homéopathie se fonde sur l'esprit de la loi de la similitude et de l'infinitésimalité.

L'homéopathie est une teinture mère diluée et dynamisée. Il existe trois dilutions :

  • les basses dilutions : 4CH et 5CH, qui stimulent l'organe atteint, sont celles des indications symptômatiques ou des signes locaux ;

  • les moyennes dilutions : 7CH surtout, 9CH, stabilisent l'organe atteint, se rapportent au fonctionnel, à l'organique, aux signes locaux régionaux ou régionaux ;

  • les hautes dilutions : 15CH principalement, 30CH, inhibent la fonction de l'organe atteint, s'adressent aux signes psychiques ou s'utilisent en cas d'urgence, dans la phase aigüe de la pathologie

Urtica urens

C'est la plante entière fleuries et fraîche d'Urtica urens ou Ortie brûlante, qui est utilisée en homéopathie. Son remède d'action est limité aux prurit et urticaire avec aggravation des symptômes au contact de l'eau, surtout froide. Urtica urens est employée dans les symptômes annuels et à la même période.

Elle est indiquée dans :

  • le prurit général ou localisé : anal, vulvaire ;

  • le prurit des érythèmes, des brûlures superficielles, des piqûres d'insectes, des engelures ;

  • l'urticaire de contact alimentaire aux crustacés, toxique et iatrogène ;

  • l'oedème angioneurotique en complément avec Ignatia ;

  • la goutte aigüe ;

  • l'algie du deltoïde droit ;

  • la goutte et l'urticaire alternés en complément avec Sulfur ;

  • la périodicité annuelle des crises de goutte avec Psorinum ;

  • la diminution de la sécrétion lactée en synergie avec Pulsatilla, Mercuruis et Bryonia.

Formes galéniques

  • Granules et doses : globules à base de saccharose et de lactose.

  • Gouttes buvables et teintures mères : solutions hydro-alcooliques.

  • Trituration en poudre orale : contient du lactose.

  • Suppositoires.

Posologies

  • Urticaire aigüe : Urtica urens 5 CH, 5 granules toutes les 10 minutes pendant 2 jours.

  • Urticaire chronique : Urtica urens 5 CH, 5 granules à renouveler à chaque fois que les démangeaisons renviennent pendant 3 mois.

  • Urticaire provoquée par une allergie aux coquillages : Urtica urens 9 CH, 3 granules toutes les 10 minutes, espacer au fur et à mesure que l'état s'améliore.

  • Eczéma chez l'enfant et le nourrisson : Urtica urens 9 CH, 5 granules 5 fois par jour pendant 2 jours, puis 5 granules 2 fois par jour durant 6 jours. Faire fondre les granules dans un peu d'eau avant de lui donner.

  • Douleurs articulaires : Urtica urens 6 DH, diluer 20 gouttes dans un peu d'eau matin et soir pendant 3 mois.

  • Piqûre d'insectes, de méduse : Urtica urens 5 CH, 3 à 4 fois par jour.

  • Oedème pâle avec prurit intolérable, souvent d'origine alimentaire : Urtica urens 15 CH, 5 granules toutes les 1/2 heure

Elixirs floraux

Le Docteur Edward Bach (1886-1936), médecin généraliste, chirurgien, bactériologiste et homéopathe, a passé sa vie à se préoccuper d'avantage de l'état d'esprit de ses patients que de leurs pathologies. Les problèmes émotionels et psychologiques conduisent bien souvent à des troubles, des désordres, des maladies. Le bien-être physique est accentué et soutenu par un bien-être mental . Nous pouvons reprendre une citation de Juvénal, poète satirique de la fin du 1er siècle au début du 2éme siècle après J-C, "Mens sana in copore sano¹", "un esprit sain dans un corps sain". Il faisait référence à l'intelligence en parlant d'esprit, mais cette citation a été interprété différemment à partir de la Renaissance, le sens du mot "mens", qui signifie intelligence en latin, a été détourné vers une interprétation de "spiritualité", la pensée de l'époque tendant à la prise de conscience que l'homme est à la fois âme et corps.

Le Docteur E. Bach a donc accentué ses recherches sur des remèdes naturels, sans effets secondaires pour soigner les douleurs de l'âme, les émotions ou les sentiments néfastes à l'équilibre psychologique d'un individu.

Dans le même esprit que l'homéopathie, il a observé que l'Impatience, très réactive, projette ses graines au moindre effleurement. Il a eu l'intuition qu'elle pourrait avoir une action apaisante sur certains de ses patients. Pour préparer une essence florale d'Impatience, il a placé des fleurs dans de l'eau au soleil durant quelques heures jusqu'à ce que les pétales se décolorent. Il a ensuite conservé l'essence florale dans de l'alcool (du cognac), obtenant ainsi une teinture mère. Cette préparation eut un succès immédiat, ayant effectivement, comme il l'avait pressenti, un effet apaisant sur ses patients souffrant d'impatience, en diminuant l'irritabilité et favorisant la bonne humeur au quotidien.

Il est l'auteur de 38 remèdes floraux à vocation d'harmonie intérieur, psychique et donc, si l'on part du principe que l'état physique et mental vont de paire, physique.

Le laboratoire Deva propose un élixir floral d'Ortie, Urtica dioïca, extrait selon la méthode originelle du Docteur Bach, qui conseille la prise de fleurs de Bach à hauteur de 3 gouttes 3 fois par jour. L'élixir floral d'Ortie est indiquée dans les situations conflictuelles où l'individu n'arrive plus à communiquer avec les membres d'un groupe ou de sa famille. Elle apporte calme et courage après une rupture familiale et en renforce l'unité.

Contre-indications

  • L'Ortie fraîche est déconseillée chez la femme enceinte, sauf à terme pour favoriser les contractions en raison de ses propriétés stimulantes de l'utérus ; contrairement à l'Ortie sèchée qui, elle, est recommandée pendant la grossesse et l'allaitement pour sa forte teneur en acide folique, vital pour la développement de l'embryon.

  • Il faut éviter les piqûres d'orties chez la femme enceinte et le jeune enfant car l'histamine est neurotoxique.

  • L'Ortie est incompatible avec la digitaline, les traitements diurétiques, anti-inflammatoires, sédatifs et hypotensifs, dont les effets risques une importante accentuation.

  • Il faut en éviter la prise dans le cas d'un traitement anticoagulant.

  • Dans le cas d'un traitement oligothérapique au lithium, l'Ortie sera déconseillée car elle en diminuerait l'absorption.

Cet écrit est tiré de mon mémoire de fin de formation que j'ai dédié à l'Ortie. Contactez moi si vous êtes prêt à en lire l'intégralité... !

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